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Il suivait son idée. C’était une idée fixe et il était surpris de ne pas avancer. Jacques Prévert
Ce qui ne s'exprime pas s'imprime.. et ce qui s'est imprimé finira, tôt ou tard, par s'exprimer ! Pas toujours de façon opportune ...
La fragilité du manager confronté aux injonctions paradoxales, son angoisse devant la barre placée trop haut, sa peur de ne pas être à la hauteur du challenge.. renvoient à une solitude que tous les outils de communication à sa disposition semblent démentir.
Et pourtant, il pourrait prendre le temps de se poser, de dire ses ressentis, ses doutes, ses hésitations, ses espoirs.. et se débarasser de toutes les vieilleries qui traînent dans sa mémoire, qui encombrent son esprit, qui alourdissent, comme autant de casseroles, sa marche en avant .
Il lui serait si utile de faire son "vide-grogner", de solder les états d'âme, les frustrations, les regrets.. et de repartir, plus léger, plus serein, plus confiant, avec une énergie nouvelle. C'est celà aussi le coaching !
Il ne peut plus supporter de se taire et ... il ne peut pas parler ! Ce paradoxe est souvent attaché à celui qui est en souffrance au travail. Sans doute n'a t'il pas été assez écouté et, surtout, entendu. Le stress, le malaise, le mal être, lui les ressentait de plus en plus fort, et il pensait que celà devait se voir. En tous cas, les mots ne pouvaient pas traduire, avec suffisamment de pertinence, le trouble interne. Et parler, celà aurait été prendre un nouveau risque d'incompréhension, d'humiliation, de dévalorisation. Impossible !
Parler ne veut rien dire. Mais ne plus rien dire, celà devrait parler ! Comment se fait il que ces signaux d'alerte n'aient pas été détectés et pris en compte ? Ils étaient pourtant perceptibles, bien au dessus du bruit de fond. Après coup, en repassant le film, on en convient aisément. Alors ? Où se trouve le filtre ? Pourquoi le décodeur n'est il pas branché ? Y a t'il insensibilisation ? Peut être n'a t'on pas voulu voir ? Comment se brancher sur la longueur d'onde de ceux qui souffrent ? Faut il déplacer le curseur ?
Vite, il y a urgence ! D'épuisement en dépression, il s'est rapproché du gouffre... demain, il sera trop tard !
Suicides, stress, harcèlement moral, burnout, dépressions,
souffrance au travail : ces vingt dernières années, l’évolution des modes d’organisation du travail et de gestion des ressources humaines a dégradé le travail et les relations
sociales.
Face à cette montée des risques psychosociaux, Santé & Travail appelle les pouvoirs publics et les acteurs sociaux à prendre des mesures énergiques pour restaurer des
capacités d’expression et de débat dans les entreprises.
Voir le site http://www.sante-et-travail.fr
C'est clair, j'y vois rien... en tout cas, la visibilité n'est plus ce qu'elle était. J'ai mis les anti brouillard, mais ça fait pas tout: il n'y a plus de
signalisation horizontale et la ligne jaune s'est fondue dans le paysage, il n'y a plus de signalisation verticale à part, de loin en loin, ... un radar! En fait, de temps en temps, il y a un
panneau, mais il est visiblement obsolète, inadapté ou trompeur. Quelques bornes, mais elles sont dépassées.
Je ne peux me fier qu'à moi même. Je définis clairement mon objectif, j'étudie bien la carte, je ralentis dans les passages
délicats, je capte tous les signaux faibles, je me concentre en étant totalement présent, j'anticipe. J'ouvre l'oeil et le bon? Non un oeil ne suffit
pas.. je garde les deux yeux grands ouverts ...
"Merde aux vaches !". Ce graffiti orne le mur de caractères colorés. Si demain il n'est pas effacé, après demain d'autres graffiti lui tiendront compagnie.
Il en va de même des dérives dans l'entreprise. Une "entorse" au règlement, à la solidarité, à la loyauté... qui n'est pas reprise et recadrée dans la foulée,
appelle immanquablement d'autres "entorses"... Puis l'habitude est prise, la légitimité vient de l'absence de réaction, il s'agit d'un "acquis". Le laxisme ferme les yeux et se lave les mains
(attention ça gicle !), la répression aveugle (attention aux balles perdues !) fait fi de l'origine de l'incident et prive l'organisation de cette précieuse information.
Il faut trouver, à chaque fois, l'approche adaptée, juste, équilibrée: comprendre, dialoguer, recadrer, rectifier, communiquer, et, le cas échéant, en toute équité, sanctionner. La voie est
étroite. Elle demande une grande vigilance, du discernement et beaucoup de doigté. Surtout si les dérives sont progressives et insidieuses ... Cette
qualité de management est rarement innée. Elle peut s'acquérir par l'expérience, la maturité et ... un bon coaching.