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Il suivait son idée. C’était une idée fixe et il était surpris de ne pas avancer. Jacques Prévert
Non! Agrippa d'Aubigné n'a pas attrapé la grippe, en sortant des guerres de religion ... Mais il était sensible aux tensions que génèrent le déni de réalité, le décalage entre les désirs et les possibles, la confusion entre ce que l'on fait et
ce que l'on est.
Travailler, en conscience, à réduire cet écart diminue le risque sanitaire. La santé et l'équilibre passent par cette hygiène
comportementale. L'ignorer c'est s'exposer aux miasmes de la frustration et de la désillusion, qui portent les germes de toutes les infections existentielles.
C'est donc à juste titre que, dans Les Tragiques, le poète nous guide, à mots couverts, sur la route de la prévention:
Je voy ce que je veux, et non ce que je puis ;
Je voy mon entreprise et non ce que je suis.
Peut importe le "pourquoi" ...
Je m'attarde sur le "comment" ! Comment est vécu cette épreuve, ce doute, cette difficulté? Comment la personne a, en d'autres circonstances, sur d'autres terrains, avec d'autres interlocuteurs,
dépassé un obstacle analogue? Comment peut elle répliquer, importer, adapter cette compétence dans ce contexte sensible? Le travail du coach passe par là..
Mais vient le temps du "quand".. Quel est le bon moment pour passer à l'action? Quel tempo, quel rythme, quel timing? Quelle relation au temps dans ce processus d'expérimentation et de
résilience?
Le ballon ne rebondit pas avant d'avoir touché le sol.. Le discernement de l'instant juste est essentiel.. C'est le "quand" de base !
Les propos du coach ont fait "mouche". Une émotion soudaine submerge la personne. Le coach glisse discrètement un paquet de "mouchoirs" dans sa direction. Si elle
se sent morveuse, elle se "mouche". Discrétion. Empathie. Un point sensible a été touché.
Nous sommes à un tournant du coaching. Une prise de conscience est à l'oeuvre. Un blocage est en train de sauter. Position basse pour les deux. Un moment de
silence. On entendrait une "mouche" voler.
Puis le coach reprend tout doucement et facilite, dans un premier temps, l'expression du ressenti. Surtout ne rien brusquer. Il ne faut pas que la personne se
crispe, se retire ou prenne la "mouche".
Il faut s'attendre au pire. Le pire est derrière nous. Le pire est, aussi, devant nous. Expressions populaires, imprécations fatalistes, injonctions pessimistes.
Mais prégnantes. Le pire est conjugué à tous les temps de la crise. L'évocation impulsive du pire nous fait perdre le sens de la mesure.
Et la lucidité est primordiale pour passer le cap en évitant les écueils. La mer est agitée. Les vagues déferlent et balaient le pont. Il y a du roulis et du tanguage. Mais le marin connaît la
tempête, il sait le danger, il se rappelle que les flots ont brisé plus d'un navire et noyé plus d'un matelot. Il fait face au pire. Il tient ferme la barre et redouble de vigilance. Il
ouvre les yeux bien grands, il scrute l'obscurité, il sent le vent, il se maintient prêt à toute éventualité.
C'est ainsi qu'il traverse l'ouragan et rejoint le port. Car le pire est d'autant moins sûr qu'il est tenu pour certain.