Mercredi 23 juillet 2008
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Face à une situation de souffrance au travail, la
réaction la plus courante dans le management est d’ignorer le phénomène et ou de le considérer comme marginal, conséquence inéluctable d’une marche en avant volontaire de l’entreprise. Un
dégât collatéral en somme. Lorsque la situation s’impose comme problématique, la tentation de l’isolement est grande : il s’agit de cantonner un mal qui pourrait être contagieux. Au passage,
on augmente la pression, on dévalorise la personne, et on envoie ainsi, de façon subliminale, un message d’avertissement à tous les autres collaborateurs…
Le mal ne fait que s’approfondir et le niveau de rupture peut être atteint :
absences répétées, accident du travail, dépression, licenciement, …. Et, souvent, l’affaire trouve une suite en contentieux. La personne ne peut faire son deuil de la position qu’elle occupait
honorablement il y a quelques mois et, ce, d’autant plus qu’elle est habitée par la conviction que la responsabilité principale en incombe à l’entreprise. Son besoin de revanche se traduit par
une demande d’indemnisation exorbitante et une volonté de faire payer l’entreprise. Illusoire compensation d’un malentendu qui aurait pu être évité..
Les dégâts dans l’entreprise ne se limitent pas à la personne concernée.
D’abord parce que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il y a fort à parier que d’autres cas similaires vont apparaître. Ensuite parce que les syndicats, les IRP, et tout
particulièrement le CHSCT, ont été impliqués. Impact d’image (éventuellement à l’extérieur de l’entreprise), impact de confiance dans le management, impact de climat social, impact de motivation
et de rentabilité.. Le CHSCT exige qu’une politique de prévention soit mise en place et ses efforts sont relayés par l’inspecteur du travail qui exige un audit et un plan
d’action…
Ce scénario catastrophe illustre bien le pari hasardeux pris par l’entreprise qui
sous-estimerait, encore aujourd’hui, l’impact des risques psychosociaux.. en continuant de faire « comme avant ».. Le contexte a changé, les mentalités ont évolué, le cadre
réglementaire a été bouleversé, et le risque pour l’activité et pour l’employeur est devenu un risque majeur.