Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
_Pour:
_Contact

Il suivait son idée. C’était une idée fixe et il était surpris de ne pas avancer. Jacques Prévert
D'abord établir la relation en douceur, mettre en confiance, un sourire, un regard bienveillant, quelques mots qui caressent dans le sens du poil. Le cadre se met en place, le stress extérieur repasse la porte, il se fait comme une atmosphère à part. Le télèphone est coupé, tout est calme.
L'accueil se poursuit par une invitation à la parole, une écoute attentive qui englobe toutes les réactions du corps, une attention particulière aux signaux faibles. Ce qui pèse est maintenant sur la table. On peut travailler sur le corps du sujet.
Par touches successives, par le va et le vient d'un toucher verbal très doux, par des pressions prudentes là où ça fait mal, le malaise ou la douleur s'expriment, remontent à la surface, s'apaisent. Les éléments se réarrangent par une alchimie secrète, l'énergie circule mieux, la respiration se fait plus régulière, l'harmonie remplace la tension incrustée.
Il n'y a plus lieu de s'étendre. Tout est aligné. Le visage est détendu. Les yeux affichent une détermination tranquille. L'ombre a cédé la place à la lumière. La séance est terminée.
Un passant remarque un homme qui tourne lentement autour d’un réverbère les yeux rivés au sol. Il l’interpelle et lui demande ce qu’il cherche. Il lui propose de l’aider à retrouver ses clés perdues. Au bout d’un moment, il s’étonne et lui dit « c’est quand même bizarre qu’on ne les trouve pas, vous êtes sûr que vous les avez perdues là ? ». Et l’autre de répondre « Non, je les ai perdues là bas dans le noir, mais il fait bien plus clair ici »..
N’avons-nous pas, nous-mêmes, trop tendance à chercher là où il fait jour, là où nous avons nos repères, parmi nos certitudes, ... renonçant, de fait, aux découvertes, aux révélations, aux trouvailles qui nous attendaient dans le noir, dans le brouillard, dans l’inexploré, dans l’incertain ? Quitter la lumière, explorer la face cachée, apprivoiser l’obscure clarté, expérimenter le côté obscur de la force, et revenir de l’ombre à la lumière, .. en rapportant de nouvelles clés !
J'ai croisé mon pote. Il avait les 2 yeux au beurre noir. Je lui ai demandé ce qui lui était arrivé. Il m'a dit qu'il avait pris ça à la messe.
"A la messe?". "Oui, j'avais, debout devant moi, une jeune femme habillée d'une jolie robe à fleurs. J'ai remarqué que le tissu de la robe était coincé dans ses fesses". "Et alors?". "Alors, délicatement, j'ai tiré le tissu pour remettre les choses à plat. Elle s'est retournée vivement et m'a donné un violent coup de poing" . "Waouhhh! Mais... l'autre oeil?". "J'ai voulu réparer ma bêtise, et j'ai simplement remis le tissu en place en le poussant avec les doigts...".
Comme quoi, quand ça ne marche pas, faire plus de la même chose n'est pas forcément la meilleure solution!
Cette manie que les hommes ont de se regarder le
nombril! Toujours tout ramener à soi, sans arrêt se comparer, se sentir visé à la moindre allusion, se projeter dans le personnage du film, être à l'affut du moindre bobo, craindre le
jugement de l'autre, chercher ce que l'on pourra tirer pour soi de la situation, de la relation.. L'egocentrisme ne serait que le prolongement d'une obsession infantile de son propre nombril?
Imaginons un instant que la nature ait placé le nombril au milieu du front.. Tout change. Ce n'est plus mon nombril que j'observe à tout moment (difficile!) mais celui de l'autre.. Et du
coup la vision du monde est bouleversée.... Chacun a à coeur de prendre en compte le nombril de l'autre et la relation devient tout autre.. Si on faisait comme si.. ?